C'est arrivé un jour

LA CARTE BANCAIRE

bancaire

La carte bancaire, ce petit bout de plastique dont nous ne saurions plus nous passer est pourtant une invention relativement récente et déjà décriée pour ses risques et dérives, autant que plébiscitée pour son côté pratique.

Sous des appellations diverses (carte de paiement, carte bleue, carte de débit, parfois carte de crédit, ou plus simplement CB) c’est un moyen de paiement au même titre que le chèque ou le liquide. Dotée d’une bande magnétique ou d’une puce intégrée, elle est reliée à la banque par transmission de données et permet de retirer de l'argent dans les distributeurs de billets et de payer dans les commerces ou sur les sites marchands en ligne.

En France, les premières cartes bancaires furent mises en service il y a près de 45 ans. Depuis, l'offre s'est considérablement enrichie de même qu’assortie de services croissants et se diversifiant.

Michel CHEVALET explique le fonctionnement de la carte bancaire le 06/03/1981

distributeurs

En 1967, 6 grandes banques hexagonales créent la première carte de paiement française : la Carte Bleue, ouvrant une nouvelle ère dans la façon de payer qui va bouleverser les échanges.
En 1973, la Carte Bleue s'associe avec la Bank Americard pour former ce qui deviendra la Visa, plus important réseau de paiement par carte au monde.
En 1974, un français - Roland Moreno - révolutionne le monde de la ’CB’ (et de nombreuses autres cartes). En inventant la fameuse carte à puce, sorte de carte à mémoire portative, dotée d’un circuit intégré capable de contenir des données et d’un microprocesseur capable de traiter ces données. Ce procédé sécurisera les paiements, ce qui rassurera banquiers et utilisateurs et assurera au système un succès planétaire. De nombreux brevets perfectionneront au fil du temps le système vers toujours plus de sûreté.
Apparaîtra en 1986 une carte haut de gamme destinée aux plus fortunés : la Visa Premier.
Par la suite, différentes cartes verront le jour puis divers services y seront associés. En effet, la carte à puce n'ayant pu empêcher toute fraude, nombreuses assurances se grefferont sur les services déjà rendus par la carte bancaire. En outre, les acquisitions elles-mêmes se verront garanties par le fait même d’avoir été achetées par carte.
Devant l'explosion d'Internet et ses achats ‘on line’ et face à la crainte des escroqueries au paiement en ligne, la Carte Bleue lance en 2002 l’e-carte bleue, une carte bleue virtuelle garantissant une sécurité très performante.

Désormais, plus de 80 millions de cartes sont en circulation. La CB a définitivement révolutionné le rapport à l'argent et au paiement, faisant reculer tous les autres moyens de paiement… Son développement est loin d'être terminé, car les cartes bancaires savent s’adapter à leur temps, avec plus ou moins de succès (échec des porte-monnaie virtuels Monéo).

Le consommateur peut se perdre devant la diversité des cartes proposées : cartes de débit uniquement (distributeurs de billets), cartes à autorisation systématique (qui porte bien son nom), porte-monnaie électroniques, cartes de fidélité (qui s'assortissent désormais souvent d’un crédit), cartes de crédit…

Carte bancaire et carte de crédit peuvent se confondre dans l’esprit du client. Pourtant elles diffèrent sensiblement : là où la première est associée à un compte de dépôt et permet d'effectuer des paiements ou de retirer de l’argent, avec des services connexes (débit immédiat ou différé…), la seconde, elle, est une carte de paiement associée à un crédit dit renouvelable, c'est-à-dire qui met à la disposition du client une somme d'argent déterminée qu'il peut dépenser et devra reconstituer par de petites mensualités sur du long terme.
Auparavant, la coexistence de ces deux cartes permettait, selon ses besoins, d'opter soit pour un paiement comptant soit pour un paiement à crédit. Les deux choses étaient bien dissociées. Mais, depuis peu, des offres proposant les deux alternatives dans une même carte ont vu le jour. Parfois même, l'obtention d'une carte ’normale’ se retrouve conditionnée à la souscription d’un crédit revolving.
De fait, là où le consommateur était déjà surexposé au crédit à la consommation, désormais celui-ci lui est quasiment imposé, et en tous cas mis entre les mains, sans l’avoir véritablement demandé.

carte

La carte bleue, et la dématérialisation des dépenses qu'elle a engendrée, avait déjà fait courir des risques au budget des ménages (explosion des découverts, surendettement). Ceci s’est aggravé par le développent des crédits et leurs dérives : multiplication des crédits pour une même personne et délivrance de cartes associées à ces crédits. Il en a été de même pour les cartes de fidélité de magasins offrant la possibilité de payer en plusieurs fois, le consommateur souscrivant un emprunt sans toujours s'en rendre compte et en tout cas poussé à la consommation par cette éventualité aisée de consommer toujours plus.
À tout cela s’ajoute le coût du crédit rendant la dette bien plus importante que le besoin financier initial.

Désormais, ce sont le crédit et la confusion carte de paiement-carte de crédit qui dématérialisent directement le budget lui-même.

Le gouvernement a réagi par une réforme (loi Lagarde) ayant pour objectif de développer un crédit responsable et consistant à imposer la fonction ’paiement comptant’ à toute carte de crédit, fonction devant être celle activée par défaut, à obliger toute publicité pour des avantages commerciaux associés à une carte à signaler expressément l'existence d'un crédit associé, et à interdire de conditionner ces avantages commerciaux à l'utilisation de la fonction crédit.

Il demeure que le consommateur se retrouve souvent esclave de la CB, bien plus que de sa carte d’identité, nombre de commerces privilégiant fortement ce moyen.

Mais il ne faut pas oublier les apports de la carte bancaire.
À son origine, elle a facilité les dépenses et les déplacements de personnes, évitant le transport de grosses sommes de liquide. Elle a permis l'improvisation, synonyme de liberté. Elle a favorisé les transactions là où auparavant elles n’auraient pas été effectuées, faute d’argent sur soi, ce qui a été bénéfique pour le commerce, d’autant plus de nos jours où la CB utilisée en ligne permet des échanges transnationaux.

achat

Le point fort de la carte bancaire a été de sécuriser les paiements : plus de risque de se faire voler son liquide ou son chéquier et vol de CB inopérant sans le code associé. La France a été pilote en termes de sécurité des cartes bancaires puisqu’elle fut la première et longtemps la seule à utiliser la puce électronique. Désormais la plupart de ses voisins l’ont adoptée, la bande magnétique générant trop de fraudes.

Achats nomades puis achats de chez soi sont les deux révolutions successives permises par la carte bancaire.
S'ajoutent les garanties avantageuses : assurances en cas de perte ou de vol, procédés de sécurisation, etc.
Enfin, concernant les abus que subiraient les consommateurs, la loi, les réglementations bancaires ou propres à chaque établissement, chaque contrat est de nature à encadrer l'utilisation des cartes (plafond de paiement, plafond de retrait…). L'obtention d’une carte est conditionnée et adaptée à la situation du client : toute une série de possibilités permet de rendre l'utilisation pratique, de limiter les risques, d’informer le consommateur et de prémunir le banquier.

De fait, il n'est plus tant question d'effet négatif ou positif de la CB, mais de responsabilisation de chacun, du banquier certes, mais aussi du client, qui demeure maître de ses choix et des risques qu'il prend.

Chaque année 375 milliards d'euros de transactions sont réalisés par carte bancaire (dont 35 pour les paiements en ligne) ; la CB représente 42 % des dépenses et demeure le moyen de paiement préféré des Français, de par sa grande simplicité, son aspect sécurisant et son caractère nomade cher à notre époque.

Une évolution possible, susceptible de lui porter atteinte, serait le développement du paiement purement virtuel, tels les procédés internet de type Paypal ou les paiements directement effectués par Smartphone. Mais ces systèmes sont souvent reliés à une carte plutôt qu'à un compte. De sorte que, finalement, ces nouveaux moyens de paiement seront à la CB ce que la CB a été au liquide. Ce qui assure une longue vie à la carte bancaire, qui a toujours su s’adapter à la perpétuelle mouvance des modes de vie et des technologies. En témoigne le lancement récent d’une carte bancaire entièrement biodégradable.

 

 

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