Instants de vie

Mardi 17 avril 2001 à Besançon : désolation

train

Le train quitte la gare de Besançon.

Assis dans ce train, j’essaie avec difficulté de me concentrer sur les paysages qui défilent devant mes yeux. Tâche particulièrement difficile, car mes pensées s’orientent irrémédiablement vers ce qui vient de se passer. De vives émotions se bousculent en moi : colère, tristesse, déception…

Franchement, je ne comprends pas ce qui vient d’arriver, portant tout cela avait commencé de façon idéale.

Cette histoire avait débuté il y a deux mois quand j’ai rencontré Valérie. Je venais d’être engagé dans la même entreprise qu’elle. Dès que je l’ai vu, j’ai su que c’était elle que j’attendais depuis de nombreuses années. Elle avait quelque chose de spécial et de rayonnant. Valérie n’était pas belle selon les critères de beauté traditionnelle. Elle était au-dessus de ça avec son apparence souriante et sa chevelure ondulée. Toute sa personne reflétait un mélange de chaleur, d’affection, de sensibilité et de fragilité qui m’attirait irrésistiblement.

Un soir, on a décidé, entre collègues, de passer une soirée dans un bar. Au cours de la soirée, Valérie s’est mise à parler des ouvrages de Friedrich Nietzsche qu’elle avait lus et qui l’avaient aidé à surmonter ses problèmes existentiels. Moi féru de psychologie et de psychanalyste, je n’ai pas pu m’empêcher d’entrer dans la discussion. Cinq minutes plus tard, nous voilà lancer dans un débat comparatif de nos lectures respectives. Notre controverse était si passionnante qu’elle a duré toute la nuit. À partir de ce jour, on s’est plus quitté.

Comme les week-ends de trois jours sont en général synonymes d’évasion, de repos et de retrouvailles avec les amis, Valérie avait décidé de rendre visite à ses amis de Besançon dès le vendredi soir. Et moi, je devais la rejoindre le dimanche.

Je fus accueilli chaleureusement par ses amis, Paul et Vanessa, couple marié depuis 12 ans et leurs deux jeunes bambins : Sébastien et Précilia. Soirée tranquille, repas correct et nuit d’amour ; que demander de plus !

Hé là ! le lendemain, elle me lance très calmement que tout était fini entre nous. J’essaie de discuter et de demander pourquoi elle ne me l’a pas dit avant que je fasse autant de kilomètres. Mais, c’était comme parlé avec les barreaux d’une prison. Elle ne voulait rien entendre et s’était fermée à toute discussion.

Après une nuit à l’hôtel, me voilà dans ce train…


 

 

 

 

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